Prenons l'exemple des moteurs industriels. L'industrie représente environ 42 % de la consommation mondiale d'électricité. Les deux tiers de cette consommation servent à alimenter les moteurs électriques. Améliorer le rendement des moteurs, même de quelques points de pourcentage, peut avoir un impact significatif sur la consommation d'énergie, réduisant ainsi les coûts de production et les émissions de CO2.
Bonne nouvelle : les principaux fabricants de moteurs industriels du monde entier ont déjà adopté un système de classification de l'efficacité énergétique développé par la CEI (Commission électrotechnique internationale) et publié comme norme internationale, la norme CEI 60034-30. Cette norme CEI classe les moteurs en trois niveaux selon leur efficacité de conversion de l'électricité en énergie mécanique : IE1 correspond au niveau de rendement de base, IE2 au haut rendement et IE3 au rendement optimal. La norme mentionne également un niveau supérieur à IE3, appelé IE4, qui correspond au rendement ultra-optimal. Les produits de cette catégorie ne sont pas encore disponibles sur le marché.


Le système de classification a stimulé la concurrence entre les constructeurs automobiles et a engendré d'importantes avancées technologiques. Si les normes internationales CEI sont facultatives, l'Union européenne (UE) a adopté le système de classification CEI et a publié le règlement (CE) n° 640/2009 de la Commission, entré en vigueur le 16 juin 2011. À compter de cette date, seuls les moteurs respectant ou dépassant le niveau d'efficacité énergétique IE2 pouvaient être vendus et installés dans l'UE. Dans un second temps, à partir de janvier 2015, tous les moteurs ont dû respecter le niveau d'efficacité IE3 (ou IE2 combiné à un variateur de vitesse). Ces exigences, généralement connues sous le nom de normes minimales d'efficacité énergétique de l'UE (MEPS), concernent principalement les moteurs à deux, quatre et six pôles d'une puissance de 0,75 à 375 kW en courant alternatif, avec des fréquences d'alimentation de 50 et 60 Hz.


On estime* que cette réglementation concernera quelque 30 millions de moteurs industriels anciens en Europe seulement, qui seront progressivement remplacés, permettant ainsi des économies d'énergie d'environ 5,5 millions de kilowattheures d'électricité par an et une réduction équivalente de 3,4 millions de tonnes de CO2. Preuve que les mesures d'efficacité énergétique peuvent être rentables pour l'environnement et l'investisseur : le retour sur investissement peut être atteint en un à trois ans (et en moins d'un an avec l'utilisation de variateurs de vitesse).


Bien que les normes MEPS de l'UE ne couvrent que le marché de l'Union européenne, d'autres pays comme l'Australie, la Chine, le Brésil et le Canada ont déjà mis en œuvre des systèmes d'efficacité énergétique similaires et participent activement aux travaux de la CEI. Aux États-Unis, le programme d'efficacité énergétique des moteurs de la NEMA (National Electrical Manufacturers Association) est étroitement aligné sur les classes énergétiques de la CEI ; par exemple, la norme NEMA Premium est identique à la norme IE3, et les moteurs NEMA doivent être testés conformément au protocole d'essai CEI 60034-2-1. Les normes ne constituent qu'un élément du problème : l'évaluation de la conformité aux normes d'efficacité énergétique est tout aussi importante et relève des systèmes d'évaluation de la conformité de la CEI et de ses membres.


Les moteurs industriels ne sont qu'un exemple parmi d'autres où les normes d'efficacité énergétique peuvent réduire considérablement la consommation d'énergie. Par exemple, la CEI, à l'instar des normes en vigueur sur les lieux de travail, a permis la mise en œuvre de la réglementation mondiale limitant la consommation en veille à 1 watt et joue un rôle crucial dans la mise en service et le raccordement de nouvelles sources d'énergie renouvelables, contribuant ainsi à la construction de réseaux électriques plus intelligents. Une utilisation plus efficace de l'énergie est sans doute la plus grande source d'énergie renouvelable qui soit.

* ZVEH - Zentralverband der Deutschen Elektro- und Informationstechnischen Handwerke (Association centrale des industries électriques et des technologies de l'information en Allemagne).

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